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Année scolaire 2016-2017 au Ceg 1 Abomey-Calavi : Un nombre élevé d’artisans auteurs des grossesses enregistrés

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Les statistiques nationales en ce qui concerne les grossesses en milieu scolaire au cours de l’année scolaire 2016-2017 place le département de l’Atlantique en sixième position avec 282 cas de grossesses sur 45591 filles inscrites au cours de l’année. Le CEG1 d’Abomey-Calavi a enregistré 18 cas dont un nombre élevé d’artisans auteurs de ces grossesses.

« Les auteurs des 90% des cas de grossesse enregistrés au cours de l’année scolaire 2016-2017 au Collège d’Enseignement Général 1 (CEG1) d’Abomey-Calavi viennent de l’extérieur et les artisans sont en pool position » déclare Noel Adandé, en sa qualité de surveillant général adjoint dudit collège. Alida, une des élèves faisant partie du lot des 18 cas, confesse : «  Je ne pensais jamais avoir un enfant dont le père serait un menuisier. Maintenant c’est fait, j’ai abandonné les cours pour l’instant. Je connais une autre fille dont le père de son enfant est forgeron. En fait, c’est ceux qui travaillent qui  nous viennent financièrement en aide quand les parents ne sont pas là ou quand ce qu’ils donnent est insuffisant. Je découvre maintenant une autre facette de la vie ».

En effet, le CEG1 d’Abomey-Calavi est situé dans le département de l’Atlantique qui a enregistré au cours de l’année scolaire 2016-2017, 282 cas de grossesses sur 45591 filles inscrites au cours de l’année, nombre qui place ce département en sixième position selon les statistiques de la Direction de l’Enseignement Secondaire et Général du Ministère des Enseignements Secondaires Techniques et de la Formation Professionnelle (MESTFP) au titre de l’année scolaire 2016-2017. Au niveau national, la situation est plus alarmante. Au total, 2 763 cas de grossesses ont été enregistrés au cours de l’année scolaire écoulée dans les 12 Départements du Bénin. Même si ce n’est plus un phénomène nouveau, l’ampleur que cela prend en dépit des séances de sensibilisation, les exigences de l’administration des établissements, la pression des Organisations non-gouvernementales, interpelle la conscience humaine. La Directrice du CEG1 Abomey-Calavi Mme Chantal Quenum Sèzonlin, présente son diagnostic : « si l’enfant vit les classes roulantes en plein temps, la probabilité de contracter une grossesse est assez forte. Les vendredis soirs sont désormais libres, d’ici trois mois on enregistrera d’autres cas de grossesse ». A la date du 30 octobre 2017 trois cas de grossesse ont été déjà enregistrés et deux autres cas identifiés mais non encore enregistrés. S’il est vrai l’école éduque, il revient aux parents prendre leur responsabilité en veillant sur leurs enfants.

Dans ces conditions, quel est le rôle des adultes ?

Le surveillant général adjoint du Ceg Abomey-Calavi, Noel Adandé explique : « quand les cas de grossesse sont avérés, nous essayons de rencontrer la fille en question qui nous indique l’auteur ; un rendez-vous est pris pour une rencontre ensemble afin de mettre un accent sur les obligations du père en la matière ; il y a quelques années, les auteurs de ces grossesses sont plus des élèves. Avec les pressions de la Directrice de l’établissement et de toute son équipe, il y a régression du phénomène. Au cours de l’année scolaire 2016-2017, nous avons dénombré 18 cas de grossesse avec un taux élevé d’artisans auteurs de ces grossesses. Et c’est ahurissant ce qui se passe au niveau des classes de 4ème. Certaines filles quittent la maison à 7 h, se rendent chez les copains, font croire aux parents  qu’elles vont au cours alors qu’elles ne sont pas à l’école. Interpellées, elles répondent qu’elles étaient à l’église. Les cas sont nombreux. Et les parents ne connaissent pas leurs enfants, alors qu’il suffit simplement de se rendre plusieurs fois dans l’établissement en un mois pour dissuader les enfants ».

Le sociologue Bruno Montcho précise : « La responsabilité des parents est la première arme pour combattre le mal.  Quand les parents voient par exemple leur fille rentrer avec un téléphone portable ou des cadeaux, quel que soit leur rang social, ils doivent l’interpeler. La discussion autour du sexe ne doit plus être un sujet tabou comme la culture nous l’exige. La communication entre parents et enfants est également importante. Ce que les enfants se disent entre eux est impensable. Il vaut mieux communiquer avec eux et accepter qu’ils posent des questions qui les dépassent ». La psychologue Mylène Assogba explique le fait que les filles se penchent du côté des artisans par leur volonté du gain facile : « elles sont à la recherche de l’argent frais pour des besoins parfois démesurés ». Elle invite les parents à plus de responsabilités.

L’application rigoureuse des textes en la matière semble être la solution adéquate. Le préfet de l’Atacora, Lydie Déré Chabi, de passage à Cotonou, a réitéré son engagement de combattre le phénomène des grossesses en milieu scolaire avec ses collègues préfets, à travers l’application stricte de la loi à l’encontre des auteurs, co-auteurs et complices de cette infraction. Selon madame le préfet, « la situation actuelle de l’éducation des filles frappée de plein fouet par le phénomène des grossesses dans les 12 départements en général est très alarmante et appelle des actions énergiques ». Pour occuper les élèves en dehors des heures de classe, la Directrice du CEG 1 d’Abomey-Calavi propose : « Il faut maintenant dépenser l’énergie de ces enfants sur les chantiers d’éducation sportive et autres activités culturelles. J’ai bien peur de la recrudescence de la grossesse ».

 

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