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Concours international de plaidoiries pour les droits de l’homme : Me Brice Houssou expose sur le phénomène des « Vidomégon », honore le Bénin

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« Bénin, les vidomégon, ces nouveaux esclaves urbains ! ». C’est le thème de la plaidoirie de l’avocat au barreau du Bénin, Brice Houssou le vendredi dernier devant un parterre de participants à Caen en France. Classé parmi les dix finalistes de l’édition 2018 de cette prestigieuse compétition de joutes oratoires, l’avocat officiant au Cabinet Joseph Djogbénou à Cotonou, à mis à contribution son talent pour montrer que les enfants placés dans les familles d’accueil  pour « devenir quelqu’un » deviennent dans bien des cas des esclaves urbains.

A en croire son exposé en effet, « Au Bénin, le phénomène des « Vidomègon » qui signifie enfant placé auprès de quelqu’un prend de plus en plus d’ampleur. Ces enfants placés deviennent souvent les esclaves de leurs familles d’accueil. Censées pourtant les protéger et les éduquer. La situation de ces enfants placés procède d’une vieille tradition Béninoise aujourd’hui malheureusement dévoyée. Les enfants quittent leur village, en direction de la ville avec l’espoir de fouler les bancs d’une école ou de gagner de quoi faire survivre leur famille. Grande est leur désillusion. Une fois en ville, ils sont assignés à des tâches dégradantes, parfois sans nourritures et soins adéquats. Les violences qu’ils subissent, sont constituées d’agressions physiques, verbales et sexuelles. L’Etat paraît dépassé par l’ampleur du phénomène et ses conséquences, malgré les nombreux dispositifs législatifs de protection de l’enfant pourtant en vigueur au Bénin ».

A travers sa plaidoirie, Me Brice Houssou a ainsi voulu dénoncer et mettre à nouveau en lumière une « bonne vieille tradition qui s’est transformée en pratique esclavagiste » afin de contribuer à la sensibilisation sur les méfaits de cette pratique mais aussi favoriser l’implication des différents acteurs à son éradication au profit de l’épanouissement des enfants du Bénin.

Il est à noter que depuis 28 ans, le Mémorial de Caen offre à des avocats venus du monde entier une tribune incontournable pour dénoncer les violations des droits de l’homme dans le monde, et sensibiliser le grand public sur des causes peu connues. Les avocats y prennent la parole pour défendre la cause qu’ils auront librement choisie.

Pour cette édition, le jury était présidé par le magistrat honoraire, Philippe Bilger

A l’issue de la compétition, le représentant du Bénin n’a pas réussi à remporter l’un des trois prix en jeu. Mais, pour cette première participation, il s’est illustré en tant que seul africain parmi les dix finalistes ; toute chose qui lui permet de gagner, entre autres, une année d’adhésion à l’Union internationale des avocats (UIA).

 

                                                                 Jean-Claude DOSSA

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