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Exclues des concours de recrutement des enseignants :  Les personnes handicapées fâchées contre le gouvernement Talon

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Suite à la prise d’une note de service par le ministre de l’enseignement secondaire et professionnelle les excluant du concours de recrutement des enseignants  vacataires au Bénin, les personnes en situation de handicap dénoncent une violation de leurs droits par le gouvernement Talon.

Les associations de personnes handicapées sont remontées contre le ministre de l’enseignement secondaire et le Chef de l’Etat, Patrice Talon qu’ils accusent de porter atteinte à l’égalité des citoyens dans l’accès à la fonction publique. Et pour cause, la note de service adressée par le ministre de tutelles aux différents directeurs d’établissements publics d’enseignement au Bénin en vue du recrutement et de l’emploi des enseignants vacataires des enseignements secondaire général, technique et professionnel à la vacation dans les établissements scolaires publics au titre de l’année scolaire 2017-2018. Au nombre des critères énumérés par le ministère, il est requis des postulants de « jouir d’une bonne santé physique et mentale » attestée entre autres par « un certificat de non-bégaiement et de non-surdité délivré par un médecin agréé par l’État ».

Approché, le responsable du Réseau des Associations de personnes handicapées de l’Atlantique et du Littoral (RAPHAL), William Roca-Loko juge cette exigence attentatoire aux droits fondamentaux reconnus à cette couche vulnérable. « Cette note de service exclut les personnes en situation de déficience sensorielle alors que la langue de signe est formellement reconnue dans notre pays ». pour ces raisons, estime-t-il d’une voix courroucée, « ce ministre mérite d’être traduit en justice ».

Ce sentiment d’injustice et d’exclusion est partagé par son collègue des départements du Zou-Collines, Towanou Amoussou. Pour ce dernier, « l’arrêté du ministre Lucien Kokou exclut d’office les personnes handicapées motrices alors que certaines d’entre elles sont dans le système depuis plus d’une décennie ». Or, font-ils observer, le Bénin a donné un signal fort dans la promotion des droits des personnes handicapées à travers le vote à l’unanimité, le jeudi 13 avril 2017 par les députés de la Loi portant promotion et protection des droits des personnes handicapées qui demeure toujours en attente de promulgation.

Un recul après le vote de la loi relatif aux droits des personnes handicapées

pour ces associations, la prise de cette note de service, constitue une persistance dans les mauvaises voire un recul à combattre sous la Rupture prônée par le Chef de l’Etat, Patrice Talon qui cautionne, selon elles, de telles mesures. Car pour les porte-paroles de cette couche vulnérable, l’existence d’une cellule d’analyse des décisions des membres du gouvernement –structure mise en place par le Chef de l’Etat et basée à la présidence- est un indicateur de l’adhésion du Président de la république à « l’exclusion » des personnes handicapées des processus d’entrée à la fonction publique au Bénin.

Pour exprimer leur ras-le-bol face à cette situation qui contraste avec la participation de certaines personnes handicapées au concours de recrutement de quatre vint (80) auditeurs de justice sous l’égide du ministre de la fonction publique également en charge des affaires sociales, Adidjatou Mathys, ces structures n’excluent aucun moyen de protestation.

Ainsi, des sit-in aux audiences en passant par des sorties médiatiques, toutes les voies sont envisagées par les personnes handicapées pour dénoncer cette énième atteinte à leurs droits.

Aclan Omiotan

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