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Lutte contre Boko Haram : Amnesty International dénonce des « Chambres de torture secrètes » au Cameroun

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Amnesty International a procédé au lancement, ce jeudi 20 juillet à son rapport intitulé « Chambres de tortures secrètes du Cameroun ». Pour la zone Afrique de l’ouest et du Centre, la vulgarisation du contenu a eu lieu à la faveur d’une conférence de presse animée à Dakar par le Bureau régional l’organisation.

« Chambres de torture secrètes au Cameroun ». C’est le titre du rapport que vient de lancer Amnesty International qui accuse  le Cameroun de torture de centaines de personnes dans des chambres secrètes.

Au cours d’une conférence de presse animée ce jeudi à Dakar, le Directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’ouest et du centre, Alioune Tine entouré de ses adjoints, Steve Cockburn et Samira Daoud, a mis le contenu de ce rapport qui expose la face cachée de la lutte menée contre l’organisation islamiste, Boko Haram depuis 2009 par le Cameroun.

A travers son rapport, l’organisation de défense des droits de l’homme note qu’en réponse aux actes terroristes du groupe nigérian, Amnesty International note que le gouvernement a répondu avec « une férocité qui a brisé la vie des gens ordinaires » et créé un environnement de banalisation de la torture.

Aux cours des enquêtes, plus de 100 cas de détention et de torture ont été documentés dans plus de 20 sites, dont des bases militaires et une école. Les victimes incluaient les enfants et les personnes handicapées, et les témoins ont décrit 24 techniques de torture différentes, explique Alioune Tine.

« Les hommes et les femmes ont déclaré être battus avec des câbles électriques, des chaînes, des matraques, des planches de bois cloutés de clous, enchaînés en permanence, frappé à la plante des pieds avec des machettes et, dans le cas d’un musulman, être obligé de manger du porc », relate par ailleurs le rapport.

Pour les conférenciers, « les États ont une obligation de protection. Mais cela doit se faire dans le respect des droits humains. Les droits des populations doivent être respectés au cours de cette lutte contre Boko Haram ».

Alioune Tine d’Amnesty a appelé de ce fait à une enquête sur la détention et la torture, qui, selon lui, devrait se pencher sur la responsabilité individuelle et collective afin de rendre justice aux victimes de ces cas de torture avant d’exhorter par ailleurs, les autorités camerounaises à publier la liste des personnes mortes dans les centres de détention.

Jusqu’à la publication du rapport, le gouvernement n’a donné aucune suite aux invitations d’Amnesty International en vue de faire connaître sa position sur ce document soumis à son attention depuis plusieurs mois.

Aclan Omiotan

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